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Allégorie du hasard, symbole de jeux trop aléatoires d’un autre temps… le dé a ses détracteurs. Pourtant, ce petit cube résiste vaillamment et on le retrouve dans plusieurs  jeux modernes. Retour sur l’évolution de cet objet ludique incontournable !

Quand on veut faire découvrir les jeux de société actuels à des non-joueurs, la plus grosse difficulté est de les convaincre qu’il y a beaucoup plus distrayant et intéressant que les « jeux de grand-mère ». Vous savez, ces jeux où on ne s’amusait pas tant, qui consistaient simplement à jeter les dés et à déplacer son pion sur un plateau, sans autre décision du joueur.

Malgré tout, l’usage du dé a évolué au fil du temps. Et aujourd’hui, le dé est capable de créer du fun ! Oui !

Les origines du dé

Les spécialistes sont partagés, mais ce qui est certain, c’est que l’histoire du dé remonte à trèèèès loin !

Ainsi, dans le Senet (jeu retrouvé dans des tombeaux d’ancienne Égypte), le dé est présent sous forme d’astragale (osselet). Longtemps constitué d’un os animal, le dé a traversé les époques, a connu plusieurs mutations, pour nous parvenir à sa forme « standard » : le dé cubique, en plastique, avec ses faces comprenant de 1 à 6 points.

Jeux « dé » rôles

Le dé a connu un usage intensif dans les jeux de rôles. Assez tôt, le besoin de créer un système permettant de différencier les dégâts des armes a amené le dé à se métamorphoser. C’est ainsi qu’on a vu apparaître dans les boutiques des dés à 4, 8, 10, 12 ou 20 faces (plus commodément appelé D4, D8, etc…). pr Du hasard pour les actions des joueurs, oui, mais des compétences élevées et/ou du meilleur matériel offraient alors de meilleurs dés, donc de meilleurs chances de réussite. Dans cette optique sont apparus les modificateurs, ajoutant un résultat fixe au jet de dé (ex: 1D12+4) . Une panacée pour réduire le hasard. Ceux qui veulent créer une fiche de Donjons et Dragons optimisée ont cela en tête : trouver le parfait équilibre entre des dés puissants, mais incertains, et des modificateurs moins impactants, mais plus sûrs.

Notons enfin les concepts intéressants d’ « échec critique » ou de « réussite automatique » (respectivement, un 1 et un 20 sur un D20, par exemple). Ils permettent d’exprimer le fait que même un amateur, sur un coup de chance, peut réussir un exploit… et que même un expert peut échouer en beauté !

La revanche du dé

Aujourd’hui, on peut comprendre que le dé soit boudé par certains joueurs, qui préfèrent davantage de contrôle dans leurs parties. En effet, c’est toujours rageant de perdre sur un simple jet de dé quand on s’efforce de mettre en place toute une stratégie gagnante.

Cependant, avec l’avènement du jeu moderne, le dé a su s’adapter, et trouver sa place de bien des façons :

    • FACES ORIGINALES : On peut citer le cas particulier de l’ancestral Boggle qui, avec ses dés recouverts de lettres, a créé un jeu de mots assez unique ! Dans un tout autre registre, Games Workshop (Blood Bowl, Space Crusade, Warhammer…) a introduit, il y a bien longtemps, des dés spéciaux dans ses jeux. Des D6, mais aux faces adaptées au jeu, et en plusieurs couleurs – certains couleurs possédant des faces plus efficaces. Nombre de jeux ont par la suite adopté ce principe de faces personnalisées pour l’adapter à leur mécanique.
    • BLUFF: Le jeu à « gobelet caché » recèle un gros potentiel de fun. C’est ce qu’on retrouve dans des jeux comme prCiao Ciao! (qui met en avant le concept de ‘bluff nécessaire’) ou encore de Perudo, grand classique du jeu d’enchères de dés, classique du bluff, qui repose également beaucoup sur… les statistiques.
    • STATISTIQUES : On a parlé de Perudo, mais il ne faut pas oublier que les statistiques sont au cœur de la mécanique d’un grand classique : Les Colons de Catane ! Dans ce jeu, bien estimer à quelle fréquence un territoire peut être productif est déterminant.
    • PRISE DE RISQUE : Choisir la voie de la prudence, ou prendre des risques pour gagner davantage ? Le dé s’accommode très bien des jeux de prise de risque, tels que Can’t Stop.
    • CHOIX : Le jet de dé prend un tout autre intérêt quand on doit choisir les dés que l’on garde et qu’on doit relancer le reste. C’est ce qu’on trouve par exemple dans King of Tokyo, et c’est la composante au cœur d’un jeu comme Dice Town.
    • LES « FAUX JEUX DE DÉS » : Certains jeux, comme Biblios, utilisent les dés comme marqueurs utiles et mettent totalement de côté le jet de dé !

  • PERSONNALISATION : Le tout récent Dice Forge a repris le principe des dés Lego pour offrir un jeu où le joueur peut physiquement modifier les faces de ses dés, pendant le jeu !
  • DÉ ET STRATÉGIE : Plusieurs jeux, comme Kingsburg ou Troyes, ont placé le dé dans un cadre stratégique qui lui donnent un intérêt qu’on ne pouvait concevoir auparavant ! Dans certains cas, le dé devient même un fort vecteur d’interactivité, dans le sens où on peut voler les dés des autres… ou modifier les siens !

 

Enfin, mention spéciale pour…

  • LE DÉ DE L’HORREUR : La plupart des jeux de société estampillés « Horreur » utilisent les dés. Ce n’est pas un cthasard. On pense au particulier au fameux et redouté « jet de santé mentale », hérité du jeu de rôles et qu’on trouve entre autres dans de nombreux jeux affiliés au mythe de Cthulhu. Ce jet de dé tant redouté doit déterminer si les joueurs parviennent à garder leur raison face à l’horreur pure… ou s’ils sombrent dans la folie. Plus généralement, le dé dans les jeux d’horreur est source d’incertitude et donc de grande angoisse car il peut entraîner un dramatique tournant dans le jeu (comme c’est le cas dans Dead of Winter).

Eh oui, c’est peut-être dans ce dernier cas que le dé se trouve le plus à sa place !

Dans tous les cas, ami dé, si, malgré ton passé, tu peux être aujourd’hui vecteur d’expériences ludiques passionnantes… on te souhaite longue vie !